Kikwit : 5 ans de servitude pénale pour « Ninja » dans une affaire de terrorisme

Le Tribunal militaire de Kikwit, dans la province du Kwilu, a rendu son verdict dans la soirée du mercredi 8 avril 2026, au terme d’une audience publique tenue devant la maison communale de Kazamba. Kikalula Kanda, alias « Ninja », a été condamné à cinq ans de servitude pénale principale pour des faits qualifiés de terrorisme.
Au cours du procès, la défense a développé une argumentation soutenue, affirmant que l’accusé, prénommé Aaron, souffrirait d’épilepsie et aurait agi dans un état d’inconscience totale au moment des faits. Une thèse que le tribunal n’a pas retenue, estimant que les éléments du dossier ne permettaient pas de conclure à une irresponsabilité pénale.
De son côté, la partie civile a présenté plusieurs témoins et victimes présumées. Parmi elles, un couple d’octogénaires ainsi qu’une voisine, tous porteurs de cicatrices visibles, qu’ils attribuent aux violences exercées par le prévenu. Leurs témoignages ont contribué à étayer les charges retenues contre Kikalula Kanda.
Après avoir entendu les différentes parties ainsi que le réquisitoire du ministère public, le juge président, le major magistrat Mwanansele Mushete Bienvenue, a prononcé la sentence. Outre la peine d’emprisonnement, le condamné devra s’acquitter d’une somme de 3 000 000 de francs congolais à titre de dommages et intérêts, soit un million pour chacune des victimes.
Si la partie civile s’est déclarée satisfaite de cette décision judiciaire, la défense a, en revanche, exprimé sa déception, estimant que les circonstances atténuantes n’ont pas été suffisamment prises en compte. Elle a d’ores et déjà annoncé son intention d’interjeter appel.
Conformément à la loi, le condamné dispose d’un délai de cinq jours pour introduire ce recours auprès de la juridiction compétente.
Ce verdict intervient dans un contexte où les juridictions militaires congolaises sont de plus en plus sollicitées pour statuer sur des affaires liées à la sécurité et à la protection des populations civiles.
Olikan
