Ituri : un coup de filet contre l’exploitation aurifère clandestine à Nizi

La lutte contre l’exploitation illégale de l’or en Ituri franchit une nouvelle étape.
Une délégation de la Société minière de Kilo-Moto (SOKIMO), conduite par son président du conseil d’administration François Kakese Kimaza et son directeur général Yannick Nzonde Mulundu, a présenté ce mardi à Bunia quatorze individus accusés d’exploitation frauduleuse d’or dans la localité de Nizi, située dans le territoire de Djugu.
La cérémonie officielle s’est tenue à l’esplanade du gouvernorat, en présence du gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya N’Kashama.
Les personnes interpellées, parmi lesquelles figurent onze ressortissants chinois et trois Congolais, avaient été arrêtées la veille, le 27 avril, lors d’une mission de terrain effectuée par la délégation de la SOKIMO en provenance de Kinshasa.
Selon le chargé de communication de la société, Hubert Katende, cette opération s’inscrit dans le cadre d’une mission d’itinérance visant à évaluer la situation sur les sites miniers relevant de la concession de l’entreprise.
À Nizi, à une trentaine de kilomètres de Bunia, la délégation a découvert des activités d’exploitation non autorisées au sein du permis minier 5110, pourtant attribué à la SOKIMO.
Sur place, les responsables ont constaté une exploitation à caractère semi-industriel, menée en dehors de tout cadre légal.
Les suspects ont été immédiatement appréhendés puis remis aux services compétents pour l’ouverture d’une enquête.
Prenant la parole, le gouverneur militaire a fermement condamné ces pratiques, qu’il associe au financement de l’insécurité persistante dans la région. Il a souligné que l’exploitation illicite des ressources naturelles alimente directement les groupes armés actifs en Ituri, compromettant les efforts de stabilisation.
Johnny Luboya N’Kashama a également dénoncé l’ampleur de la fraude minière, évoquant des pertes économiques considérables pour l’État congolais. Selon lui, les revenus générés par certaines exploitations échappent totalement au contrôle public, au détriment du développement local.
Le gouverneur a insisté sur la nécessité d’une réponse judiciaire exemplaire, appelant les autorités compétentes à traiter ce dossier avec rigueur. Il a par ailleurs révélé que la mission de la SOKIMO avait été exposée à des risques sécuritaires, en raison de la présence de groupes armés dans la zone, allant jusqu’à menacer la délégation.
Autre fait préoccupant relevé : la présence sur le site d’un militaire en état d’ébriété, dont l’identité et la hiérarchie doivent être établies afin que des sanctions soient prises.
S’inscrivant dans une dynamique de reprise en main du secteur minier, le gouverneur a affirmé suivre de près les dossiers liés aux sites de Nizi et d’Aru, appelant une fois de plus les exploitants à se conformer à la réglementation en vigueur. Il a averti que les autorités provinciales ne toléreront plus les pratiques frauduleuses.
Cette opération fait suite aux orientations données par le ministre des Mines, Louis Wathum Kabamba, lors de sa récente mission d’itinérance dans les territoires de Mahagi et Aru, visant à assainir le secteur et à mettre fin à l’exploitation illégale des ressources minières en Ituri.
Redaction
