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Ituri : une nouvelle flambée de violences plonge des milliers de civils dans une grave crise humanitaire

La situation humanitaire continue de se dégrader dans la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, où une recrudescence des affrontements armés provoque de nouveaux déplacements massifs de populations et accentue la détresse des civils.

Selon l’Médecins Sans Frontières (MSF), les violences qui secouent notamment les localités de Fataki et Bule depuis plusieurs mois ont déjà fait plusieurs dizaines de morts et de blessés parmi la population civile.

Les combats opposant la Convention pour la révolution populaire (CRP) aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), qui ont repris fin 2025, ont aggravé l’insécurité dans cette partie du pays déjà fragilisée par des années de conflits armés.

Des habitants racontent avoir été pris sous les tirs en tentant de fuir les combats. Certains ont été blessés par balles alors qu’ils cherchaient refuge avec leurs familles dans la brousse ou dans des camps de déplacés.

« Les civils ne devraient jamais être pris pour cible », a dénoncé Sylvain Groulx, appelant toutes les parties au conflit à respecter la protection des populations.

Plus de 920 000 déplacés

D’après le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, plus de 920 000 personnes sont actuellement déplacées à travers l’Ituri. Rien qu’au premier trimestre 2026, plus de 100 000 nouveaux déplacés ont été enregistrés.

Dans plusieurs zones, notamment à Plaine Savo, les structures sanitaires sont débordées ou totalement fermées à cause de l’insécurité. À Fataki, la moitié des centres de santé ont dû être déplacés vers des camps de fortune.

Une réponse humanitaire insuffisante

Depuis mi-février 2026, les équipes de MSF ont intensifié leurs interventions médicales dans la région. Plus de 10 000 consultations ont déjà été réalisées, portant principalement sur les cas de malnutrition, de maladies diarrhéiques, d’infections respiratoires ainsi que sur la prise en charge des survivantes de violences sexuelles.

Malgré ces efforts, l’organisation estime que les besoins humanitaires dépassent largement les capacités actuelles de réponse.

MSF appelle les autorités congolaises ainsi que les partenaires humanitaires à renforcer urgemment l’assistance, notamment en matière de soins de santé, de sécurité alimentaire, d’accès à l’eau potable et de protection des populations civiles.

Olikan

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