Ituri : à Bule, les autorités militaires promettent de sécuriser le retour des familles déplacées

Bule, territoire de Djugu — 12 août 2026. Une visite des autorités militaires à Bule a été marquée ce mercredi par un appel au retour des familles déplacées et par de nouvelles assurances en matière de sécurité. Dans cette agglomération du territoire de Djugu, la situation humanitaire reste préoccupante, alors que plusieurs habitants ont quitté leurs domiciles à la suite des violences enregistrées dans la région.
Sur place, le chef de la chefferie a présenté aux autorités un état des lieux de la situation sécuritaire et humanitaire. Il a notamment évoqué les difficultés auxquelles sont confrontées les populations ainsi que les besoins prioritaires de cette entité.
Après avoir inspecté l’agglomération, le commandant des opérations et gouverneur militaire de l’Ituri, le Général-Major Kasongo Mulumba Gaby, a appelé les habitants ayant trouvé refuge dans des sites de déplacement à envisager le retour dans leurs villages.
Devant la population, il a insisté sur l’importance de la collaboration avec les services de sécurité. Il a également demandé aux habitants de signaler tout comportement suspect et toute menace susceptible de compromettre la stabilité retrouvée.
Le gouverneur militaire a par ailleurs exhorté la population à éviter la justice populaire et les actes de représailles, rappelant que le règlement des différends relève des institutions judiciaires de l’État.
« Veuillez collaborer avec les services de sécurité. Signalez les menaces et les comportements suspects. Refusez la justice populaire et les représailles. L’État, à travers la justice, est celui qui doit régler vos différends », a-t-il déclaré.
Le Général-Major Kasongo Mulumba Gaby a également adressé un message ferme aux acteurs politiques et économiques qu’il accuse de contribuer au maintien prolongé des personnes déplacées dans les sites pour des intérêts particuliers.
Selon lui, les déplacés internes ne devraient pas être utilisés comme un moyen de pression ou comme des « boucliers humains ».
Il a ainsi appelé les responsables concernés à favoriser leur retour dans leurs milieux d’origine, estimant que les populations déplacées doivent pouvoir retrouver leurs maisons et reprendre progressivement une vie normale.
« Chers politiciens, ne gardez pas prisonnières les personnes déplacées internes. Vous les gardez dans les sites à cause de vos intérêts. Libérez-les, laissez-les partir, ils doivent rentrer chez eux », a-t-il martelé.
Avant la fin de cette rencontre consacrée à la redynamisation de la sécurité dans la région, le commandant du secteur opérationnel de l’Ituri, le Général-Major Bruno Mandefu, a donné des instructions aux forces de défense et de sécurité.
Il leur a notamment demandé de renforcer la protection des habitants de Bule et des environs, ainsi que celle de leurs biens.
L’objectif affiché est de créer un environnement suffisamment sécurisé pour permettre le retour progressif des familles déplacées et favoriser la reprise des activités économiques et sociales.
Ces assurances données par les autorités militaires ont été accueillies avec satisfaction par une partie de la population présente à Bule. Des scènes de joie ont été observées au sein d’une communauté qui reste confrontée à une forte précarité après plusieurs épisodes d’insécurité.
Pour les autorités, le retour des déplacés constitue désormais un enjeu majeur. Mais au-delà de l’appel au retour, la sécurisation effective des zones d’habitation, la protection des biens et la restauration des services essentiels apparaissent comme des conditions indispensables à une réinstallation durable.
À Bule, les populations restent donc dans l’attente de la concrétisation de ces engagements sécuritaires, afin que le retour dans les villages puisse s’effectuer dans des conditions rassurantes et permettre une relance progressive de la vie communautaire.
Henry NDENDE
