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Bunia : une initiative veut sortir 150 enfants de la rue par l’école et la formation professionnelle

Photo de famille

Bunia, 21 août 2026 — Face à la présence croissante d’enfants en situation de rue dans la ville de Bunia, un consortium réunissant notamment l’incubateur Elikia et la Maison Gloria veut apporter une réponse sociale à ce phénomène. Les responsables de cette initiative ont présenté aux autorités provinciales de l’Ituri un projet baptisé « Éduquer pour libérer », destiné à favoriser la scolarisation, l’encadrement et l’insertion socioprofessionnelle des enfants vulnérables.

Le projet a été soumis au gouverneur militaire de l’Ituri, le général-major Kasongo Mulumba Gaby, lors d’une audience accordée à une délégation du consortium. Celle-ci était conduite notamment par son porte-parole, Christian Kingambo Shafiko, qui a expliqué les motivations de cette démarche.

Selon lui, l’augmentation du nombre d’enfants vivant dans les rues de Bunia constitue une préoccupation qui nécessite une réponse coordonnée entre les acteurs publics et privés.

« Nous venons de présenter un projet à l’autorité, le projet qui est intitulé « Éduquer pour libérer ». C’est un projet en faveur des enfants de la rue qui inondent notre ville », a expliqué Christian Shafiko.

Le consortium estime qu’une partie importante des enfants concernés par le phénomène provient de familles déplacées installées dans différents sites d’hébergement autour de Bunia.

La précarité, l’absence d’encadrement familial et les difficultés d’accès à l’éducation pousseraient certains de ces enfants à quitter progressivement les lieux d’hébergement pour se retrouver dans les rues de la ville.

Pour Christian Shafiko, cette situation expose davantage les enfants à plusieurs formes de vulnérabilité et constitue également un défi pour la communauté.

« Ces enfants, à leur grande majorité, sont des enfants qui sont logés dans des sites de déplacés. Aujourd’hui, on se rend compte que ces enfants commencent à envahir la ville et c’est un danger », a-t-il déclaré.

Pour apporter une réponse concrète, le projet prévoit dans un premier temps de prendre en charge 150 enfants, âgés de 6 à 17 ans.

Cette première cohorte servira de phase pilote, en fonction des capacités d’accueil du centre qui doit abriter le programme.

L’objectif est de permettre aux plus jeunes de reprendre le chemin de l’école, tandis que les adolescents pourront bénéficier d’une orientation et d’une formation leur permettant progressivement de développer des compétences utiles à leur future autonomie.

« Nous avons ciblé 150 enfants comme première cohorte que nous pourrons encadrer dans notre centre, parce que c’est la capacité de notre centre », a précisé le responsable du projet.

L’initiative entend ainsi agir à la fois sur l’éducation, la protection de l’enfant et la réinsertion sociale.

Le programme prévoit une organisation en cohortes successives. Chaque groupe devrait bénéficier d’un accompagnement pendant une période de trois mois avant l’intégration d’une nouvelle cohorte.

« Le délai du projet, c’est trois mois par cohorte. Nous allons commencer à évoluer trois mois après trois mois, puis sortir la première cohorte », a expliqué Christian Shafiko.

Cette approche devrait permettre au centre d’accueillir progressivement davantage d’enfants, tout en tenant compte de ses capacités d’encadrement.

Le consortium souhaite également mettre en place un mécanisme de collaboration avec les autorités provinciales. Dans ce schéma, les promoteurs du projet devraient principalement assurer l’encadrement pédagogique et la formation, tandis que l’autorité publique pourrait apporter un soutien logistique et sécuritaire.

La question de l’alimentation figure également parmi les besoins identifiés, les enfants pris en charge nécessitant un accompagnement quotidien.

« Nous allons mettre en place la formation et l’autorité, qui va chapeauter, va mettre la sécurisation. Il faut aussi son appui sur le plan de la prise en charge, notamment en termes de rations alimentaires », a indiqué Christian Shafiko.

À travers « Éduquer pour libérer », les initiateurs veulent surtout prévenir l’enracinement du phénomène des enfants en situation de rue et offrir à ces derniers des perspectives alternatives.

La démarche intervient dans un contexte humanitaire difficile en Ituri, marqué notamment par les déplacements de populations et les difficultés économiques auxquelles sont confrontées de nombreuses familles.

Le consortium affirme avoir reçu une réaction encourageante du gouverneur militaire de l’Ituri. Selon Christian Shafiko, les services compétents doivent désormais analyser le projet avant de se prononcer sur les modalités de sa mise en œuvre.

« L’autorité a été très intéressée et nous a rassurés que les services compétents sont en train d’analyser. Dans un bref délai, il va nous revenir pour le démarrage de ce projet combien louable », a-t-il affirmé.

Le projet devrait également tenir compte du contexte sanitaire de la province. Les responsables prévoient notamment de limiter le nombre d’enfants présents simultanément dans les installations et d’organiser les activités en plusieurs vacations.

Les initiateurs assurent que les mesures de prévention sanitaire seront appliquées durant les différentes activités.

« Les nombres sont réduits et ils seront en plusieurs vacations. Nous allons les faire dans le respect strict des mesures barrières », a conclu Christian Kingambo Shafiko.

Avec cette initiative, ses promoteurs espèrent contribuer à offrir une seconde chance à des enfants particulièrement vulnérables, en combinant éducation, formation, protection et réinsertion sociale.

Henry NDENDE

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