RDC : le Général-Major Sylvain Ekenge suspendu pour propos discriminatoires

Le général-major Sylvain Ekenge, porte-parole des forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC), a été suspendu de ses fonctions ce lundi par décision du chef d’Etat-major général de l’armée congolaise.
Selon l’Agence congolaise de presse (ACP), cette mesure disciplinaire fait suite à des propos jugés discriminatoires à l’égard de la communauté tutsi. Le haut gradé aurait tenu des déclarations controversées mettant en cause les femmes tutsi, évoquant un prétendu stratagème visant à instaurer une forme de « suprématie » communautaire à travers la natalité. Ces propos ont suscité une vive polémique, d’autant plus qu’ils vont à l’encontre des messages répétés du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui appelle régulièrement à l’unité nationale, à la cohésion sociale et au vivre-ensemble entre les différentes communautés du pays.
Avant même l’annonce officielle de la suspension, une vague d’indignation s’est propagée tant sur le plan national qu’international. Sur le réseau social X (anciennement Twitter), le diplomate belge Maxime Prévôt a vivement condamné ces déclarations, les qualifiant d’« inacceptables » pour un représentant officiel d’un État.
« C’est absolument indigne de la part d’un représentant officiel. Je les condamne avec la plus grande fermeté. Tout discours de haine doit être rejeté en toutes circonstances. La concorde nationale ne peut se construire que dans un esprit d’inclusion de toutes les communautés », a-t-il écrit.
Cette affaire intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible dans l’Est de la RDC, où les questions identitaires sont régulièrement instrumentalisées par certains groupes armés. Des observateurs estiment que ce type de discours pourrait être exploité par les mouvements rebelles pour renforcer leur rhétorique, comme en témoignent déjà certaines réactions, notamment celle de Bertrand Bisimwa, proche allié de Corneille Nangaa.
Par cette décision, les autorités congolaises entendent envoyer un signal fort : aucun responsable, quel que soit son rang, ne peut se permettre de tenir des propos de nature à fragiliser la cohésion nationale. La suspension du Général-Major Sylvain Ekenge s’inscrit ainsi dans la volonté affichée de lutter fermement contre tout discours de haine et de préserver l’unité du pays.
Olikan
