RDC : Une gouvernance environnementale plus adaptée aux réalités locales pour renforcer la résilience

Kisangani / Bunia, septembre 2025 — Dans un contexte de vulnérabilité accrue face aux changements climatiques, la République démocratique du Congo (RDC) s’engage sur la voie d’une gouvernance environnementale plus participative et mieux adaptée aux réalités locales. C’est dans cette optique que les organisations PAP-RDC et IMPACT, avec le soutien financier de l’Ambassade de Suède, ont organisé du 10 au 12 septembre 2025 deux ateliers de concertation à Kisangani (province de la Tshopo) et à Bunia (province de l’Ituri).
Ces rencontres s’inscrivent dans le cadre du projet « Favoriser la Résilience en RDC », une initiative visant à renforcer la cohérence des politiques environnementales à travers une meilleure intégration des approches locales, provinciales et nationales. L’objectif principal est clair : adapter les mécanismes de gouvernance environnementale aux réalités de chaque territoire, afin de promouvoir une gestion plus durable et plus équitable des ressources naturelles.
Les deux ateliers ont rassemblé près d’une cinquantaine de participants, représentant un large éventail d’acteurs : autorités provinciales, services techniques de l’État, organisations de la société civile, communautés locales et peuples autochtones. Tous ont pris part à des sessions interactives articulées autour d’outils d’analyse tels que la matrice FFOC/SWOT, la cartographie des acteurs, ainsi que des discussions thématiques approfondies.
Cette approche participative a permis de croiser les points de vue, d’analyser les forces et faiblesses des systèmes de gouvernance actuels et de proposer des pistes d’amélioration concrètes. Selon les organisateurs, ces échanges reflètent une volonté commune de renforcer la résilience des communautés locales face aux crises environnementales et climatiques qui menacent la stabilité écologique et socio-économique du pays.
Les résultats issus des discussions mettent en évidence des disparités notables entre les deux zones d’étude.
À Kisangani, la gouvernance environnementale demeure fortement centralisée, souvent perçue comme peu inclusive et difficile à mettre en œuvre au niveau local. Les participants ont pointé du doigt le manque de coordination entre les services étatiques et les structures communautaires, ainsi que la faible diffusion de l’information environnementale vers les acteurs de terrain.
À Bunia, les mécanismes communautaires apparaissent plus actifs et dynamiques, grâce notamment à la mobilisation des structures locales. Toutefois, ces dispositifs restent fragiles faute de moyens financiers, d’appui technique et de reconnaissance institutionnelle. Les communautés, bien que volontaires, manquent souvent d’outils et de capacités pour influencer efficacement les décisions prises à des niveaux supérieurs.
À l’issue des échanges, plusieurs axes prioritaires ont émergé pour améliorer la gouvernance environnementale :
Renforcer la transparence et la redevabilité dans la gestion des ressources naturelles et des financements liés à l’environnement ;
Vulgariser les textes légaux en matière de protection de l’environnement pour favoriser une meilleure appropriation par les citoyens ;
Accroître la participation des femmes, des jeunes et des peuples autochtones, considérés comme des acteurs incontournables dans la préservation des forêts et la gestion durable des terres ;
Améliorer la circulation de l’information entre les niveaux local, provincial et national afin d’assurer une cohérence dans la mise en œuvre des politiques publiques.
Ces recommandations traduisent une volonté forte d’instaurer une gouvernance environnementale plus équitable, inclusive et efficace, axée sur la proximité et la participation citoyenne.
Les participants ont également validé une feuille de route commune, comprenant des engagements concrets et des recommandations institutionnelles. Ce document servira de base à la mise en place d’un cadre de concertation permanent entre les différentes parties prenantes, avec pour ambition de favoriser la résilience climatique et d’encourager la gestion durable des écosystèmes.
Selon les représentants de PAP-RDC et IMPACT, cette feuille de route incarne une étape clé dans la construction d’un modèle de gouvernance qui place les communautés locales au centre des décisions. Elle traduit la reconnaissance du rôle essentiel que jouent ces populations dans la protection des forêts, la gestion des ressources naturelles et l’adaptation au changement climatique.
Ces ateliers de Kisangani et de Bunia constituent une avancée significative pour la RDC, qui cherche à concilier développement socio-économique et durabilité environnementale. En privilégiant l’écoute, la concertation et la transparence, les acteurs impliqués démontrent qu’une gouvernance environnementale ancrée dans les réalités locales est non seulement possible, mais aussi indispensable pour construire un avenir plus résilient et plus durable.
Olikan
