Ituri : à Mambasa, les attaques des ADF auraient fait 307 morts et déplacé près de 10 000 personnes

Mambasa, 15 août 2026 — La situation sécuritaire demeure particulièrement préoccupante dans la chefferie de Babila Babombi, en territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri. Depuis le 6 mai jusqu’au samedi 15 août 2026, cette entité aurait enregistré 48 attaques attribuées aux combattants des ADF, faisant plusieurs centaines de victimes et provoquant d’importants déplacements de populations.
Selon les données issues du monitoring local et les relevés communiqués par Ram’s Malikidogo, coordonnateur de l’Association pour la promotion et la défense des enfants et femmes vulnérables (APEDF), les attaques ont touché cinq groupements de la chefferie de Babila Babombi, à savoir Bangole, Bakaheku, Babila Teturi, Mambembe et Bapongomo.
D’après ce bilan provisoire établi par les acteurs locaux, les violences enregistrées au cours de cette période auraient causé la mort de 307 personnes. À cela s’ajoutent 103 personnes portées disparues, laissant de nombreuses familles dans l’incertitude quant au sort de leurs proches.
Les conséquences matérielles sont également importantes. Au moins 216 maisons auraient été incendiées, tandis que 24 motos auraient été brûlées au cours des différentes attaques. Plusieurs autres biens de valeur auraient également été pillés par les assaillants.
Ces chiffres, qui restent provisoires et reposent sur le monitoring local, illustrent l’ampleur des violences qui affectent cette partie du territoire de Mambasa depuis plusieurs mois.
Au-delà des pertes en vies humaines et des destructions matérielles, les attaques ont entraîné un important mouvement de déplacement des populations. Selon les mêmes données, environ 10 000 personnes auraient été contraintes de quitter leurs habitations pour chercher refuge dans des zones jugées plus sûres.
Ces déplacements exposent les familles concernées à de nombreuses difficultés, notamment l’accès au logement, à la nourriture, aux soins de santé et à la protection. Des ménages ayant perdu leurs maisons et leurs biens se retrouvent ainsi dans une situation de grande vulnérabilité.
La multiplication des attaques dans plusieurs groupements contribue par ailleurs à renforcer le sentiment d’insécurité au sein de la population. Pour de nombreuses familles, la peur de nouvelles violences rend difficile tout retour à une vie normale.
Face à cette situation, les acteurs locaux appellent les autorités à renforcer les mesures de protection des populations civiles et à intensifier les efforts visant à contenir la menace des ADF dans la région.
Pour l’APEDF, par la voix de son coordonnateur Ram’s Malikidogo, l’ampleur du bilan enregistré depuis mai 2026 doit interpeller les autorités compétentes. L’organisation estime qu’une mobilisation urgente est nécessaire afin de protéger les civils, sécuriser leurs biens et permettre aux personnes déplacées de retrouver progressivement leurs milieux de vie.
La situation exige également une réponse humanitaire adaptée en faveur des milliers de personnes contraintes de fuir leurs villages. Au-delà de la sécurisation des zones affectées, la prise en charge des populations déplacées apparaît comme une autre priorité face à l’ampleur des besoins.
Avec 48 attaques recensées, 307 morts, 103 personnes portées disparues, 216 maisons incendiées et près de 10 000 déplacés, le bilan provisoire dressé dans la chefferie de Babila Babombi témoigne de la gravité de la crise sécuritaire à Mambasa.
Alors que les violences continuent de fragiliser les communautés locales, les appels se multiplient en faveur d’un renforcement de la sécurité et d’une assistance accrue aux populations affectées.
Les acteurs de la société civile espèrent ainsi une action rapide des autorités afin de réduire la menace, protéger les populations civiles et créer les conditions nécessaires au retour progressif de la paix dans les cinq groupements touchés.
Dieumerci Basimaki, depuis Komanda
