Ituri : deux ans après le passage des ADF, des écoles toujours fermées à Bakaeku

Dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, les activités scolaires demeurent suspendues dans plusieurs villages du groupement Bakaeku, en chefferie des Babila-Babombi, près de deux ans après le passage des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Une situation qui continue de priver des centaines d’enfants de leur droit fondamental à l’éducation.
Les villages de Bapuakina, Baputepe et Bandimukumu figurent parmi les localités les plus touchées. Selon des sources locales, les écoles y restent fermées depuis les incursions armées qui avaient provoqué des déplacements massifs de populations et une insécurité persistante. Plusieurs familles n’ont jamais regagné leurs villages, tandis que les infrastructures scolaires abandonnées se détériorent progressivement.
Des acteurs de la société civile dénoncent une crise silencieuse aux conséquences durables. Grâce Kakine, défenseur des droits humains dans la chefferie des Babila-Babombi, alerte sur les risques accrus de déscolarisation, de travail des enfants et de mariages précoces. « L’éducation est un droit fondamental. Laisser ces enfants sans école pendant une période aussi longue compromet gravement leur avenir et celui de toute la communauté », affirme-t-il.
La région de Mambasa, régulièrement confrontée à l’activisme des ADF, reste l’un des foyers d’insécurité dans l’est de la République démocratique du Congo. Malgré les opérations de sécurisation menées par les forces armées congolaises, le retour effectif de l’administration et des services sociaux de base demeure lent dans certaines zones rurales.
Les organisations locales appellent les autorités provinciales et nationales à accélérer les mesures de stabilisation, notamment la sécurisation durable des villages affectés et la réhabilitation des infrastructures scolaires. Elles plaident également pour un appui psychosocial aux enfants victimes des violences, ainsi que pour des programmes de rattrapage scolaire.
Alors que la communauté internationale réaffirme régulièrement son engagement en faveur de l’éducation en situation d’urgence, la réalité sur le terrain à Mambasa rappelle l’ampleur des défis à relever pour garantir l’accès équitable à l’éducation dans les zones touchées par les conflits.
Pour les familles du groupement Bakaeku, la réouverture des écoles représente bien plus qu’un simple retour en classe : elle symbolise l’espoir d’un avenir plus stable et la reconstruction progressive du tissu social fragilisé par des années d’insécurité.
Ilanga Meta
