Ituri : la société civile alerte sur une dégradation sécuritaire inquiétante dans la chefferie des Bombo

La situation sécuritaire continue de se détériorer dans la chefferie des Bombo, territoire de Mambasa, en province de l’Ituri. Dans une déclaration rendue publique, la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), coordination de la chefferie des Bombo, dénonce la présence persistante des rebelles ADF/MTM dans plusieurs villages de la région et accuse certains éléments des forces de sécurité de négliger leur mission de protection de la population.
Selon cette structure citoyenne, l’insécurité s’est accentuée depuis l’incursion des ADF/MTM le 12 mars 2026 dans le groupement Enjewa, précisément au village Mavuvu. Les assaillants auraient ensuite poursuivi leurs attaques vers la chefferie des Bandaka, notamment à PK12 sur la route Badengaido-Mambasa, puis à Bafwakoa le 1er avril dernier. Plusieurs villages de la chefferie des Bombo, dont Penge, Talawa, Kulungu, Gbaka, Ile et Salate, auraient également été ciblés ces dernières semaines.
La NSCC affirme que les rebelles circuleraient librement dans la zone, alimentant ainsi la peur parmi les habitants. Elle cite notamment le cas dramatique survenu le 20 mai dernier à Muchacha, où un habitant connu sous le nom de Mr Limbanain a perdu la vie après avoir marché sur une mine explosive. Son enterrement, organisé le lendemain, s’est déroulé dans une vive émotion au sein de la communauté locale.
L’organisation rapporte également qu’en date du 23 avril 2026, deux jeunes hommes identifiés comme Remy, 34 ans, et Emmanuel Muhindo, 25 ans, ont été enlevés à environ 500 mètres d’une position des FARDC alors qu’ils se rendaient à une source d’eau. D’après la société civile, ces enlèvements démontrent la proximité inquiétante des rebelles avec les zones habitées.
Dans son communiqué, la coordination de la NSCC critique par ailleurs certains militaires déployés dans la région, les accusant de s’intéresser davantage aux activités d’orpaillage qu’à la sécurisation des populations. Elle évoque notamment l’utilisation présumée d’un engin d’exploitation minière appartenant à une société chinoise opérant dans la zone.
La société civile dénonce aussi la multiplication des barrières sur la Route nationale numéro 4 (RN4), entre la RN4 et Muchacha. Selon elle, le nombre de postes de contrôle serait passé de trois à huit, avec des taxes allant de 2 000 à 5 000 francs congolais exigées aux passants. Une situation qui accentue les souffrances des habitants déjà affectés par les violences armées.
Face à cette crise, la NSCC appelle les autorités militaires et administratives à prendre des mesures urgentes afin de restaurer la sécurité et permettre aux populations de retrouver une vie normale. Elle souhaite notamment que la récente visite du commandant du secteur opérationnel de l’Ituri débouche sur des solutions concrètes aux problèmes sécuritaires et sociaux que traverse la région.
Redaction
