Ituri : l’incursion des ADF à Basunu provoque une panique, un naufrage fait des victimes et des civils se déplacent

La situation sécuritaire s’est fortement dégradée depuis la nuit du lundi 5 octobre dans le groupement Basunu, situé dans la chefferie des Basili, territoire d’Irumu en province de l’Ituri. Selon des sources locales, une incursion attribuée aux rebelles des ADF a semé la panique parmi les habitants de plusieurs villages environnants, notamment à Ngumata, communément appelé « Lubumbashi ».
Face à la menace, de nombreux civils ont tenté de fuir, mais le drame s’est aggravé sur la rivière Ituri, où plusieurs personnes ont perdu la vie.
D’après les témoignages recueillis sur place, la panique a poussé des habitants à quitter précipitamment leurs localités pour échapper aux assaillants. Une pirogue transportant plus de trente personnes a ensuite chaviré en pleine traversée de la rivière Ituri.
Le bilan rapporté par les survivants et les témoins indique que toutes les personnes présentes à bord se sont noyées, et que leurs biens ont été emportés par les eaux. Ce naufrage vient ainsi s’ajouter aux conséquences directes de l’attaque.
Par ailleurs, Dieudonné Tandishabo, coordonnateur de la société civile de la chefferie des Basili, précise que le bilan provisoire fait également état de au moins trois blessés. Il mentionne aussi l’incendie de la maison du chef du village Bagalaba, un élément qui témoigne de la violence de l’attaque et de ses retombées sur les communautés.
Sous l’effet de la peur et de la détérioration de la sécurité, un déplacement massif des civils vers le centre de Komanda est signalé. Cette migration forcée traduit la recherche urgente d’un minimum de protection pour les familles affectées.
Dans ce contexte, Dieudonné Tandishabo lance un appel aux forces de l’ordre afin de renforcer la sécurité dans la zone, pour protéger durablement les civils contre de nouvelles exactions. Il indique toutefois qu’une accalmie est observée sur place après le déploiement de l’armée.
En dépit de l’accalmie temporaire rapportée après l’intervention des forces armées, l’incursion survenue dans le groupement Basunu le 5 octobre a laissé des traces profondes : pertes en vies humaines, blessés, destruction de biens et déplacements de populations. Les habitants demandent désormais des mesures concrètes pour rétablir la sécurité et prévenir d’autres attaques, notamment dans les zones riveraines et les villages les plus exposés.
Dieumerci Basimaki
