Politique

RDC : Joseph Kabila dénonce la gouvernance de Tshisekedi et appelle à un dialogue inclusif

Photo de discours

Dans une adresse à la Nation prononcée le vendredi 9 octobre 2026, l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a vivement critiqué la gestion du pays par les autorités actuelles. Il leur reproche notamment de vouloir modifier la Constitution, de poursuivre une guerre qu’elles ne seraient pas en mesure de gagner et de recourir à la répression et à la corruption.

Joseph Kabila estime que la volonté de changer la Constitution « à tout prix » menace le pacte républicain issu du dialogue intercongolais de Sun City. Pour appuyer son accusation, il cite la reprise des travaux parlementaires sur une proposition de loi relative au référendum, les campagnes en faveur d’une révision constitutionnelle et les manifestations organisées par les partisans du pouvoir. Il dénonce également, selon lui, la répression violente des rassemblements opposés à cette initiative.

L’ancien chef de l’État se montre particulièrement pessimiste sur la capacité du pouvoir actuel à sortir le pays de la crise. « Il n’y a rien, mais alors rien du tout à attendre du pouvoir actuel », affirme-t-il.

Il met aussi en doute la portée politique de l’accord conclu entre Kinshasa et Washington sur les minerais critiques. Joseph Kabila accuse le président Félix Tshisekedi d’inconstance et lui reproche de ne pas assumer ses échecs ni de respecter ses promesses et ses engagements. Selon lui, cette attitude aurait entamé la légitimité du chef de l’État auprès de la population. Il critique par ailleurs ceux qui devaient veiller au bon fonctionnement des institutions, les accusant d’avoir favorisé le culte de la personnalité.

Concernant l’accord minier, Joseph Kabila souligne qu’il s’agit d’un engagement entre États, fondé sur le principe de la continuité de l’État. Il estime donc que cet accord ne garantit pas le maintien au pouvoir des dirigeants qui l’ont signé.

L’ancien président dénonce également ce qu’il décrit comme une dégradation de la situation des droits humains et de la gouvernance. Il évoque les détentions de membres de l’opposition, de défenseurs des droits humains, de journalistes et d’autres citoyens, ainsi que des assassinats et des massacres qui, selon lui, n’auraient pas fait l’objet d’enquêtes sérieuses ni de sanctions. Il fustige aussi la gestion des ressources publiques, dénonçant la corruption, les détournements et des contrats qu’il qualifie de léonins.

Sur le plan sécuritaire, Joseph Kabila affirme que les recommandations présentées dans son adresse du 23 mai 2025 n’ont pas été prises en compte et que la situation du pays n’a cessé de se détériorer. Il reproche aux autorités de poursuivre, pour des raisons qu’il juge politiques, une guerre qu’elles n’auraient « ni la volonté ni les moyens de gagner », malgré les revers des Forces armées de la RDC.

Il accuse en outre le pouvoir de ne pas respecter le cessez-le-feu signé à Doha et de coopérer avec plusieurs groupes armés, notamment les Maï-Maï, les FDLR et d’autres groupes étrangers. Il affirme également que des armes leur seraient fournies et que des populations civiles seraient bombardées.

Pour Joseph Kabila, la sortie de crise passe par un dialogue national véritablement inclusif. Il reproche aux autorités de refuser d’engager une telle démarche, qu’il considère nécessaire pour répondre aux crises politique et sécuritaire qui touchent la République démocratique du Congo.

Dieumerci Basimaki

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *